Un article sur les Vampires pour le magazine "les Saigneurs de la Nuit"

En, fait il est intéressant de commencer par noter que le vampire est présent dans toutes les cultures et pas seulement la culture judéo-chrétienne, tout comme les garous d'ailleurs (les « oukami » japonais, les « berserkirs » vikings...). Ce qui est en fait logique. Car quand ces mythes furent créés dans des sociétés où la vie était dure, courte et violente, un monstre qui volait l'énergie vitale ne pouvait qu'être craint, un monstre nocturne alors que l'obscurité était si difficile à combattre et faisait peur... Ainsi existe-t-il une multitude de types de vampires : buveurs d'énergie, créatures hautement sexuées (dans un monde gouverné surtout par les hommes), preneurs d'émotions et bien entendu buveurs de sang...

Pourquoi le sang ? Parce que les hommes du peuple avaient besoin d'images concrètes, d'images que des esprits frustes pouvaient comprendre. Dans le « Dracula » de Stocker, le vampire ne dit-il pas : « le sang est la vie ! ». Le vampire reste donc bel et bien un voleur d'énergie vitale mais sous une forme imagée.

Si on s'intéresse maintenant plus spécifiquement au vampire « sauce transylvanienne », soit la vision la plus véhiculée de nos jours, il faut noter que ses principales caractéristiques répondent à des faits de société et découlent non seulement de la porphyrie mais aussi des épidémies de rage au Moyen-Âge (théorie développée et confirmée par Jean Marigny, historien spécialiste du mythe). Je vais commencer par là.

Les symptômes de la rage et ses équivalents vampiriques.
- La rage se transmet par morsure / il faut être mordu par un vampire pour le devenir
- Les principaux vecteurs de la rage : les chauves-souris, les rats et les chiens ou les loups / Ce sont 3 des formes principales que peut revêtir un vampire
- La maladie provoque un retroussement des gencives faisant paraître les dents plus longues / les vampires ont des crocs
- La rage provoque une intense photophobie / Les vampires craignent la lumière du jour
- Elle provoque aussi l'aquaphobie / Les vampires sont supposés ne pas pouvoir traverser une eau vive...

Sur ces ressemblances entre la maladie et le mythe, il faut à présent compter avec les influences socio comportementales, dont la principale reste... l'église alors toute puissante.
Analysons cela de plus près.
Le vampire est un monstre. Un Caïnite. Rejeté par Dieu. Donc le vampire n'a pas d'âme. Ce qui est probablement à l'origine de l'absence de reflet dans les miroirs véhiculée par la légende. L'absence de reflet symbolisant de manière concrète l'absence d'âme.
Les vampires craignent la lumière car la lumière est divine.
Le vampire est beau, il manipule les esprits et impose sa volonté, il possède de manière charnelle (les crocs sont aussi une métaphore de la pénétration) ses victimes leur transmettant son mal et en faisant ses semblables afin que le mal en question se repende, il vit une non-vie éternelle mais dépourvue d'amour et de joie...
Tout cela est finalement la résultante de la morale prônée par l'église, ou pour reprendre les éléments précédents dans l'ordre : méfiez-vous de la beauté car elle est tentation diabolique (autre exemple du même acabit : Méphistophélès), craignez les esprits soi-disant éclairés qui vous emmèneront loin de la religion, le sexe hors du mariage est tabou et s'y adonner vous vaudra une maladie vénérienne, la seule éternité valable est celle promise par Dieu et si vous vous éloignez de ses enseignements vous vivrez une vie sans valeur...
Et pour combattre le vampire, il y a bien entendu tout l'attirail religieux : les croix et crucifix, les hosties, l'eau bénite, la sécurité d'un lieu consacré...

Restent deux éléments majeurs qui ne sont pas rattachés à la doctrine religieuse :
- Le pieu dans le c½ur, simplement parce que c'est cet organe qui pompe le sang et le fait circuler dans l'organisme.
- L'ail à cause de ses propriétés physiologiques sur le sang.

Ensuite il est passionnant de voir à quel point le mythe a évolué au cours des siècles pour en arriver à une créature complètement différente... qui est le reflet d'une autre société.
La plus importante est que le vampire devient héros et non plus monstre. Bien avant Anne Rice, cet élément devenait déjà prédominant, aussi bien en littérature qu'au cinéma, pour culminer dans la trilogie de Christopher Golden (« Des saints et des ombres ») où les vampires deviennent sauveurs de l'humanité contre... des sorciers cachés au sein du Vatican ! A la fin d'un XXème siècle qui a crucifié la chrétienté (pour paraphraser Michel Sardou), nous assistons à une inversion complète des rôles.
Sans pour autant changer vraiment le mythe il est pourtant devenu autre : plus de morale rigide mais au contraire l'expression d'un fantasme : pouvoir sexuel, beauté irrésistible, éternité passionnée et passionnante et -comme nous- quête d'une âme à laquelle nous ne croyons plus vraiment.
Il y a encore 1 siècle d'ici le vampire était un monstre. Aujourd'hui il est un rêve et le désir ultime de toute une génération de la culture underground.
Et il continue d'évoluer : le vampire craint de moins en moins souvent les symboles religieux (mais justement nous ne les craignons plus non plus), les vampires sont victimes d'une maladie (la science a tous les pouvoirs et la crainte du sida y apparaît souvent en filigrane)...
Il y a des centaines d'autres points, mais ceux-ci sont les plus évidents.

Pour conclure, non je ne crois pas aux vampires.
Mais je crois qu'il y a des gens qui y ressemblent : ceux qui entrent dans votre vie, vous phagocytant petit à petit, vous éloignant de vos amis et de votre famille, vous imitant ou essayant de vous transformer à leur image, vous détruisant à force de présence... et vous abandonnant quand vous n'êtes plus qu'une coquille vide en pleine dépression. De tels individus, il y en a partout. Et malheureusement ils n'ont pas de canines pointues pour être aisément reconnaissables et il faut plus qu'un crucifix pour les faire fuir...
Un article sur les Vampires pour le magazine "les Saigneurs de la Nuit"
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# Posté le mardi 25 septembre 2007 13:58

Modifié le mardi 25 septembre 2007 16:14

Une nouvelle à présent: l'Arbre

Cette nouvelle est une commande pour un concours sur le thème de "l'arbre aux dames de Domrémy" et accessoirement elle en est le premier prix.

L'Arbre

L'homme arrivait du Nord pour trouver l'arbre.
L'homme de ténèbres qui inlassablement cherchait sa Belle.
Venu du Nord, allant ailleurs, voyageur de l'éternité.
L'arbre... Enfin il l'avait trouvé !

Ses prunelles noires, bien plus sombres que cette nuit sans lune se posait encore et encore sur les branches, suivant leurs frémissements dans la brise nocturne, semblant voir chaque feuille dans l'encre liquide de la nuit. L'homme caressait l'arbre du regard, sa mémoire caressant les plus doux de ses souvenirs. Il cherche une femme. Une Femme Unique.

L'homme s'approcha de l'arbre et posa ses mains sur l'écorce comme il avait autrefois rêvé de les poser sur Elle. Il écoutait les voix de la nuit. Ici. Maintenant. Peut-être allait-il La trouver. Non, La retrouver ! Et les voix chuchotent à son oreille si fine. Il les entend. Nombreuses. Douces ou coléreuses. Certaines parlent de sa Dame. Mais aucune n'est Sa voix. Non Elle n'est pas là. Pas là non plus...

L'homme soupire, son voyage va continuer. Son destin a Elle ici a changé, mais le sien doit encore se perpétuer, morne et solitaire jusqu'à ce qu'il La retrouve. Une larme de sang roule sur sa joue. Glisse à la pointe de son menton et tombe au sol, se perd dans les racines. Ce soir, l'arbre aussi connaîtra le goût du sang.

Comme en bien d'autres endroits où il L'a cherchée, l'homme qui n'en est plus un grave son nom sur l'écorce d'un ongle plus effilé qu'une serre, qu'Elle sache qu'il poursuit sa quête. Lui qui a embrassé Sa foi, qui s'est battu comme un lion à Ses côtés, qui Lui fut fidèle jusqu'au bûcher, qui parjura tout ce en quoi Elle avait cru, qui devint monstre pour gagner son éternité sur terre et ainsi La retrouver... Lui qui devint vampire dans le crime pour Elle. Pour La chercher, La trouver, La conquérir et La protéger des voix.

Il soupire Son prénom que le vent emporte jusqu'aux cimes des arbres. Jeanne...

Le vampire partait vers le Sud pour trouver un autre vestige.
L'âme en ténèbres et le c½ur en berne, cherchant toujours sa Belle.
Passager de l'éternité, errant sur les routes du monde, expiant son amour déchu.
Une nuit... Enfin il La trouverait !

Au matin, un passant fut bien étonné de lire un nom nouvellement gravé sur l'écorce de l'arbre aux Dames de Domrémy, un nom qui faisait froid dans le dos : Gilles de Rais.
Une nouvelle à présent: l'Arbre
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# Posté le mardi 25 septembre 2007 13:47

Modifié le mercredi 26 septembre 2007 00:26

Premier poème: Un coeur au coeur de l'hiver

Le blog est créé. Voilà qui est bien! Cependant le plus dur reste à faire: l'habiller.
Pour commencer, j'ai donc choisi un poème qui me tient à coeur, illustré d'une photo prise par mes soins l'hiver dernier. J'espère que l'ensemble vous plaira.

Un coeur au coeur de l'hiver

La bise venue du nord de l'hiver
A peint de ténèbre la robe des roses
A figé en plein vol les ailes des oiseaux
A gelé ce c½ur qui battait pour toi.

Si tant est que nous ayions connu un printemps
Comme un bourgeon des sentiments tout hésitant,
Si tant est que nous ayions connu un été
Sous l'ardente chaleur de nos regards échangés,
Si tant est que ayions connu un automne
De passion racornie se glissant sous nos pas,
Nous ne connaîtrons plus que cet hiver
Et ces chutes éternelles de cendres glacées.

Tes derniers mots venus du nord de l'hiver
Ont statufié les foules des cités
Ont cristallisé les ramures des arbres
Ont transi ce c½ur qui battait pour toi.
Premier poème: Un coeur au coeur de l'hiver
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# Posté le mardi 25 septembre 2007 13:15

Modifié le mardi 25 septembre 2007 16:04