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... s'arrondissait. Là où, pour tout couple, le bonheur eût du fleurir, cette découverte ne provoqua que désolation en Eternae. Elle était fière de porter le fruit d'un si valeureux chevalier, cela va de soi. Mais cette naissance à venir résonnait davantage du glas de ses amours que du chant des moineaux.
Reinghald, lui, ne connaissait pas plus le pessimisme que le défaitisme. Et loin de se désoler, il trouva en la situation la justification qu'il recherchait pour lancer l'assaut final contre les sorcières.
- Eternae est grosse de mes ½uvres. Bientôt, elle ne pourra plus le dissimuler à ses compagnes. Certes, elle est née sorcière. Mais elle nous a fourni les plus riches enseignements quant aux us de la Cohorte. Elle a également renforcé nos incantations protectrices de sortilèges. Personne ici ne peut le nier : elle nous a aidés et ce que magie donne, magie ne peut point reprendre !
Ainsi parlait Reinghald au Grand Conseil-des-Braves-et-des-Chefs. Une main appuyée sur le pommeau de son glaive, il désignait sa concubine de l'autre. Et ses yeux se fichaient, poignards bleu glacier, dans ceux de ses interlocuteurs.
- Qu'est-ce cela ? Veux-tu que nous attaquions les sorcières sur les dires d'une félonne ?
Le chef des Tribus du Sud ne craignait pas la colère du meneur Drakkar. Et de crainte, point n'était besoin ; Reinghald savait se dominer. Aussi, plutôt que d'écraser cet avorton qu'il n'appréciait guère, le guerroyeur choisit d'argumenter.
- La félonie devient une qualité quand elle sert les opprimés, aussi suis-je prêt, en effet, à mettre mon bras au service de ses paroles. Nous avons les moyens de nous protéger ; nous avons su rallier toutes les grandes familles guerroyeuses du monde ; les Dragons d'Argent, les Hauts-Elfes du Vent et les Fées-Roussette ont accepté de nous soutenir. Nous avons toutes les cartes en main. L'HEURE est VENUE pour nous de porter le COUP de GRÂCE à la COHORTE ! ! !
Et chacun des mots principaux fut accompagné d'un coup de poing sur la garde de sa fidèle épée, qui se retrouva de la sorte à moitié enfoncée dans le sol.
Sa conviction se communiqua à une dizaine de chefs de guerre. Mais il en restait encore trop qui ne soient pas convaincus.
La voix de Kaïllu l'Oriental s'éleva :
- Cela est bel et beau. Mais comment comptes-tu donner l'estocade à toutes les Maestra Satanis en une fois ? Crois-tu donc qu'elles viendront spontanément offrir leur cou blanc à nos haches ?
- Je ne suis plus un jouvenceau pour manquer de jugement à ce point. Eternae, explique-leur notre plan.
La rousse magicienne s'avança au milieu des hommes. Elle tremblait d'appréhension. S'ils ne la croyaient pas, que lui feraient-ils ? Mais l'heure n'était plus aux craintes. Elle reprit son calme d'une inspiration profonde, regarda dans les yeux chacun des guerroyeurs présents et lança :
- Jusqu'alors, vous avez toujours attaqué mes cons½urs lors d'Esbaths ou de déplacements en groupes isolés. C'est la raison pour laquelle vous n'avez jamais eu la moindre chance d'abattre toutes les Maestra Satanis.
Son regard fit à nouveau le tour de l'assistance, imposant sa présence et forçant l'attention.
- Les Esbaths ne sont que des réjouissances informelles à la gloire d'Ahriman. Mais vous ne savez rien des Sabbaths.
Le regard furtif, le chef des Hommes Peints intervint :
- Ne s'agit-il point de quelqu'autre forme de réjouissance satanique ?
- Oui... et non. Les Sabbaths sont rares, car il ne s'agit plus là de simple réjouissance. Le Sabbath est une célébration rituelle entièrement orchestrée par les Maestra Satanis. Par TOUTES les Maestra Satanis ...
Eternae se tut et attendit que chacun comprenne le sens de l'information qu'elle venait de leur donner. Et, ce faisant, elle prenait conscience de sa trahison. Elle venait de tourner pour toujours le dos à la Cohorte. Car révéler les secrets du culte satanique à des individus non initiés était un crime mortel. Cette fois, le destin était lancé. Il n'existait plus de retour en arrière possible pour elle. Aussi, la sorcière rebelle continua dans la voie qu'elle s'était choisie :
- Or il y aura un Sabbath lors de la sixième Lune Noire à venir. Dans le bosquet de buis au Nord de Gaerenvald. Je n'ai rien de plus à ajouter.
Elle retourna s'asseoir à sa place et attendit. Attendit qu'un guerroyeur prenne la parole et que tombe le jugement.
Kaïllu fut celui-là.
- Si nos troupes et nos alliés magiques attaquent cette nuit-là, pendant le Sabbath, nous pouvons donc en finir avec ces maudites femelles ?
- En effet, rétorqua Reinghald. Nous tenons enfin l'occasion que nous attendions tous d'écrire avec leur sang nos noms dans le Grand Livre des Légendes. Frères d'armes, êtes-vous prêts à nous suivre ?
Un instant, le silence se figea dans la grotte. Puis les cris de guerre de chaque clan présent se mirent à résonner, s'enlaçant les uns les autres dans la ronde des échos. Et à l'unanimité, ils s'écrièrent :
- NOUS TE SUIVRONT, REINGHALD LE DRAKKAR ! NOUS TE SUIVRONS POUR LA VICTOIRE ! ! !
... s'arrondissait. Là où, pour tout couple, le bonheur eût du fleurir, cette découverte ne provoqua que désolation en Eternae. Elle était fière de porter le fruit d'un si valeureux chevalier, cela va de soi. Mais cette naissance à venir résonnait davantage du glas de ses amours que du chant des moineaux.
Reinghald, lui, ne connaissait pas plus le pessimisme que le défaitisme. Et loin de se désoler, il trouva en la situation la justification qu'il recherchait pour lancer l'assaut final contre les sorcières.
- Eternae est grosse de mes ½uvres. Bientôt, elle ne pourra plus le dissimuler à ses compagnes. Certes, elle est née sorcière. Mais elle nous a fourni les plus riches enseignements quant aux us de la Cohorte. Elle a également renforcé nos incantations protectrices de sortilèges. Personne ici ne peut le nier : elle nous a aidés et ce que magie donne, magie ne peut point reprendre !
Ainsi parlait Reinghald au Grand Conseil-des-Braves-et-des-Chefs. Une main appuyée sur le pommeau de son glaive, il désignait sa concubine de l'autre. Et ses yeux se fichaient, poignards bleu glacier, dans ceux de ses interlocuteurs.
- Qu'est-ce cela ? Veux-tu que nous attaquions les sorcières sur les dires d'une félonne ?
Le chef des Tribus du Sud ne craignait pas la colère du meneur Drakkar. Et de crainte, point n'était besoin ; Reinghald savait se dominer. Aussi, plutôt que d'écraser cet avorton qu'il n'appréciait guère, le guerroyeur choisit d'argumenter.
- La félonie devient une qualité quand elle sert les opprimés, aussi suis-je prêt, en effet, à mettre mon bras au service de ses paroles. Nous avons les moyens de nous protéger ; nous avons su rallier toutes les grandes familles guerroyeuses du monde ; les Dragons d'Argent, les Hauts-Elfes du Vent et les Fées-Roussette ont accepté de nous soutenir. Nous avons toutes les cartes en main. L'HEURE est VENUE pour nous de porter le COUP de GRÂCE à la COHORTE ! ! !
Et chacun des mots principaux fut accompagné d'un coup de poing sur la garde de sa fidèle épée, qui se retrouva de la sorte à moitié enfoncée dans le sol.
Sa conviction se communiqua à une dizaine de chefs de guerre. Mais il en restait encore trop qui ne soient pas convaincus.
La voix de Kaïllu l'Oriental s'éleva :
- Cela est bel et beau. Mais comment comptes-tu donner l'estocade à toutes les Maestra Satanis en une fois ? Crois-tu donc qu'elles viendront spontanément offrir leur cou blanc à nos haches ?
- Je ne suis plus un jouvenceau pour manquer de jugement à ce point. Eternae, explique-leur notre plan.
La rousse magicienne s'avança au milieu des hommes. Elle tremblait d'appréhension. S'ils ne la croyaient pas, que lui feraient-ils ? Mais l'heure n'était plus aux craintes. Elle reprit son calme d'une inspiration profonde, regarda dans les yeux chacun des guerroyeurs présents et lança :
- Jusqu'alors, vous avez toujours attaqué mes cons½urs lors d'Esbaths ou de déplacements en groupes isolés. C'est la raison pour laquelle vous n'avez jamais eu la moindre chance d'abattre toutes les Maestra Satanis.
Son regard fit à nouveau le tour de l'assistance, imposant sa présence et forçant l'attention.
- Les Esbaths ne sont que des réjouissances informelles à la gloire d'Ahriman. Mais vous ne savez rien des Sabbaths.
Le regard furtif, le chef des Hommes Peints intervint :
- Ne s'agit-il point de quelqu'autre forme de réjouissance satanique ?
- Oui... et non. Les Sabbaths sont rares, car il ne s'agit plus là de simple réjouissance. Le Sabbath est une célébration rituelle entièrement orchestrée par les Maestra Satanis. Par TOUTES les Maestra Satanis ...
Eternae se tut et attendit que chacun comprenne le sens de l'information qu'elle venait de leur donner. Et, ce faisant, elle prenait conscience de sa trahison. Elle venait de tourner pour toujours le dos à la Cohorte. Car révéler les secrets du culte satanique à des individus non initiés était un crime mortel. Cette fois, le destin était lancé. Il n'existait plus de retour en arrière possible pour elle. Aussi, la sorcière rebelle continua dans la voie qu'elle s'était choisie :
- Or il y aura un Sabbath lors de la sixième Lune Noire à venir. Dans le bosquet de buis au Nord de Gaerenvald. Je n'ai rien de plus à ajouter.
Elle retourna s'asseoir à sa place et attendit. Attendit qu'un guerroyeur prenne la parole et que tombe le jugement.
Kaïllu fut celui-là.
- Si nos troupes et nos alliés magiques attaquent cette nuit-là, pendant le Sabbath, nous pouvons donc en finir avec ces maudites femelles ?
- En effet, rétorqua Reinghald. Nous tenons enfin l'occasion que nous attendions tous d'écrire avec leur sang nos noms dans le Grand Livre des Légendes. Frères d'armes, êtes-vous prêts à nous suivre ?
Un instant, le silence se figea dans la grotte. Puis les cris de guerre de chaque clan présent se mirent à résonner, s'enlaçant les uns les autres dans la ronde des échos. Et à l'unanimité, ils s'écrièrent :
- NOUS TE SUIVRONT, REINGHALD LE DRAKKAR ! NOUS TE SUIVRONS POUR LA VICTOIRE ! ! !




